Presse

L’œuf blanc: « Il y a des comédiens qui s’emparent d’un texte comme d’un drapeau, comme d’un fardeau. Ils portent, à la 

force de leur talent, le poids de la représentation.(…) Pour eux la scène est un combat tonique. D’autres au

contraire laissent venir les mots comme un souffle léger, un susurrement. Gwen Berrou est de cette qualité là,

de cette grâce là. Quand elle ne parle pas, ses longs bras fins dessinent dans l’air des lignes pures, comme des

étoiles filantes. Quand les mots nous arrivent, ils viennent sans effort apparent. Ils la traversent et nous

parviennent, simples, presque détachés et pourtant si pleins. Le texte semble parler tout seul.»

 SCENES  N°17. Nestor Bayard. 

 

[Weltanschauung]: « Tout n’est pas rose dans cette conception du monde. La mort rôde, la couche d’ozone se troue, l’eau s’évapore, l’atomisation est proche. A quoi bon continuer de survivre sur cette planète en décrépitude? Nos artistes ont une solution à nous proposer: partageons ensemble, comme un symbole de notre utopie commune, le fond d’un paquet de tartelettes à la fraise qui a traîné dans les loges. Un spectacle euphorisant qui se termine sur la danse kitsch et aérobique de la fin du monde et qui nous laisse bouche bée. » Sandra Abouav, France Musique.

 

 

HENRI: 

http://www.cinevox.be/yolande-moreau-peintre-des-sentiments/

 

50°Nord, 04 mai 2012 (J-M Wynants)

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Author: admin Posted On: mai 6th, 2012 In: Presse

Commentaire de Jean-Marie Wynants à l’émission 50°Nord : Cliquez ici

Musiq 3, 04 mai 2012 (Dominique Mussche)

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Author: admin Posted On: mai 4th, 2012 In: Presse

Commentaire et interview dans « Le Grand Charivari » : cliquez ici

Demandez le programme, 03 mai 2012 (C-H Boland)

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Author: admin Posted On: mai 3rd, 2012 In: Presse

Tomber en grâce

Déroutant mais brillant, ainsi peut-on résumer ce Fall into the show. Partant sur les bases formelles d’un one-woman-show traditionnel, la comédienne Gwen Berrou casse la frontière des genres pour offrir un produit parfaitement homogène. Oscillant entre improvisation, jeu classique et performance, ce délicieux spectacle divertit par son humour, étonne par sa créativité et emporte définitivement dans l’intimité d’une femme en proie à la chute permanente. Une variation sur la décadence humaine que l’on recommande chaleureusement.

Le spectacle ne démarre pourtant pas sur les chapeaux de roues. Dans les premiers moments, la comédienne prend le temps pour installer un rapport direct avec le public. C’est ce dernier qui, par un système de floches, décidera de la thématique que la jeune femme devra aborder. On pouvait dès lors craindre que le spectacle demeure une succession de sketchs, ce qui n’aurait pas nécessairement été déplaisant. Au contraire, la pièce tire sa force d’une unité qui transcende sa multiplicité. Chaque proposition recèle d’inventivité, chaque tableau apporte sa singularité. Malgré ce découpage en séquences, une véritable narration se construit au fil de la représentation, évoluant du stand-up vers le théâtre le plus expérimentale. L’esthétique s’assombrit graduellement, épousant ainsi notre plongée vers les soubassements de l’âme.

Composite, le spectacle l’est également dans le choix des textes : on retrouvera côte à côte un extrait de Phèdre, un passage de Belle du Seigneur ou encore un fragment de l’Eloge de l’amour du philosophe Alain Badiou. Expression de cette diversité, une foule d’objets entrent sur scène, descendus en rappel par un dispositif de cordes. Progressivement, c’est un joyeux bordel qui peuple le plateau, sorte d’univers surréaliste qui s’échafaude au gré des multiples chutes que rencontre la comédienne. Le mécanisme est simple, mais n’en demeure pas moins diablement efficace. Sans vouloir trop en dévoiler, gageons que le spectateur risque d’être surpris à maintes reprises.

Véritable éventail de technicités, la comédienne Gwen Berrou démontre toute l’étendue de son talent, mariant habilement les formes scéniques les plus éloignées. Grâce à la souplesse de son interprétation, la comédienne parvient à nous emmener dans son monde propre, sans rien devoir sacrifier à l’étrangeté qui l’habite. Pour une première création personnelle, l’oeuvre tient pleinement ses promesses. On regretterait presque que ce Show ne dure pas davantage.

Radio Campus, 02 mai 2012

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Author: admin Posted On: mai 2nd, 2012 In: Presse

Critique du spectacle dans l’émission « La conspiration des planches » sur Radio Campus : Cliquez ici

Focus Vif, 27 avril 2012 (Nurten Aka)

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Author: admin Posted On: avril 29th, 2012 In: Presse

Bien avant de crever l’écran sans Les Géants de Bouli Lanners, Gwen Berrou avait déjà séduit au théâtre. Sur Scène, elle entre, elle existe…

A 33 ans, Gwen Berrou présente sa première création perso. Fall into the show. Le sujet? La chute de l’amour et du hasard: « Je suis une fan de l’amour, ok, mais je l’aborde par la chute, le danger de se perdre dans l’autre, un truc poreux qui enserre, qui m’interpelle. La chute, c’est une illusion qui dégringole, un peu comme l’impression que la vie va durer tout le temps avant que la mort te rattrape… »

 

Bien foutu, le solo, à la croisée du théâtre et de la performance, se connecte au public, passe par un prologue cocasse sur l’art, fait débarquer Phèdre de Racine, amène Gilgamesh, pose L’Eloge de l’amour d’Alain Badiou. Du propos sans y toucher, qui vous caresse, dans une forme allègre, truffée de poésie. Ainsi, une robe lui tombe littéralement dessus qui la fait glisser illico dans Belle du Seigneur! Elle dialogue sur l’amour, couteau en main, égrène toutes sortes de chutes en se cassant la figure à foison! Et le décor suit le mouvement. Un théâtre physique, qui renouvelle son univers.

 

Flash-back.

 

 

En 2005, aux Prix du Théâtre, elle fut nominée « meilleur jeune espoir » pour La Trilogie de Belgrade et La Cantatrice chauve. Un jeu classique mais déjà percutant : sur scène comme au cinéma, elle existe d’emblée, même dans des rôles secondaires, comme dans Les Géants de Bouli Lanners. « Depuis lors, on me propose plus de castings. Je joue dans le prochain film de Marion Hänsel, La Tendresse, où je donne une réplique à Olivier Gourmet. »

 

Performance « positive »

Du théâtre moderne à la scène contemporaine, Gwen Berrou évolue et excelle toujours. « Un stage sur la performance, avec le Britannique Robert Pacitti, a provoqué un véritable déclic avec des questions du genre : qu’est-ce que tu fais de ta personne? Quelle image choisis-tu de donner? Chacun devait arriver avec ses urgences, ses nécessités de parole, alors qu’au Conservatoire nous étions seulement dans « l’intélligence du texte ». »

 

 

Née en Bretagne, Gwen Berrou plonge dans le théâtre dès le lycée, s’intéresse à la danse contemporaine, termine un bac « arts plastiques ». Trois éléments qui s’esquissent dans Fall intot the show, où file une énergie positive. « J’ai fait de la capoeira, du yoga, du reiki. Je suis pour l’instant une formation sur la méditation bouddhiste. Ca change une vie. Aujourd’hui, j’ai envie de faire de la place à des trucs rayonnants, qui ne soient pas naïfs. La violence, on connaît, ça te laisse des sales images dans la tête. Dans le film Drive, j’ai aimé la photo, le son, le personnage charismatique, mais en faire un héros moderner, bof! : c’est quand même un tueur…D’ailleurs, je ne pourrais pas créer un truc nihiliste sans apporter un souffle positif. C’est con à dire mais compliqué à faire. »

 

Côté scène, elle aime Castelluci, côté musique, l’afrobeat, côté littérature, en ce moment, elle lit…La Vie de Yéshé Tsogyal, Souveraine du Tibet, « l’histoire de la compagne d’un maître tibétain du VIIIe siècle. Un truc illsibile que m’a filé l’ingénieur son. «  Branchée « spirituelle », votant Front de gauche, Gwen Berrou ne manque pas d’humour quand on la charrie. Cette végétarienne « bouddhiste » nous a épargné l’encens mais pas le talent, généreux, abordant l’amour et la vie sans mièvrerie. Ca requinque…

Agenda, 27 avril 2012 (Gabriel Hahn)

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Author: admin Posted On: avril 28th, 2012 In: Presse

Moins dure sera la chute

Récente lauréate d’un Magritte du cinéma pour son rôle dans Les Géants de Bouli Lanners, Gwen Berrou n’en oublie pas les planches et présente Fall into the show aux Riches-Claires. Une histoire de chutes qu’elle aécrite et dans laquelle le spectateur l’aide à tomber.

 

Une dame vient introduire la soirée, explique au public autour de quoi l’on se réunit. Un jeu de hasard qui bientôt démarre. Gwen Berrou se mue alors en « cette femme qui, parce qu’elle apeur de tomber, décide de trouver toutes les façons possibles de tomber pour exorciser un peu sa peur ».

 

D’où vient cette peur de la chute?

Gwen Berrou : C’est une crainte assez universelle mais il s’agit ici d’une femme. Et les femmes parlent plus facilement d’amour, s’oublient facilement dans une relation, y perdent un peu d’elles-mêmes, de leur identité. La perte de soi dans l’autre est quelque chose que j’ai pu expérimenter car j’ai une personnalité plutôt douce et adaptable. Mais si le théâtre est un lieu de sincérité et de non-pudeur, ce texte n’est pas autobiographique.

 

Comment définir votre spectacle si inclassable?

GB: C’est venu d’un désire de partir dans différents types d’univers sans avoir à me justifier. J’avais par exemple envie de faire une scène baroque en robe sur de la musique de Lully. Dérision et ridicule sont toujours au pas de la porte. Pour que ces différents univers se rencontrent, nous faisons intervenir le hasard et une scénographie permettant des accidents. Grâce à un dispositif de suspension d’accessoires et d’objets, le public intervient dans le jeu et tire le titre de la scène qui suit. L’idée est de se rapprocher des gens au début du spectacle. Je ne viens pas avec mon statut d’artiste proposer un produit fini. Les spectateurs ne sont pas des consommateurs.

 

Ces chutes parlent beaucoup d’amour.

GB : Le spectacle traite de l’identité amoureuse, de la perte, de notre nature, de la mise en danger du rapport àl’autre. Comment peut-on être intime avec soi-même? Peut-on être intime avec les autres sans avoir l’impression de se faire avoir? Nos illusions nous embarquent. En amour, on se raconte une hisoitre et quand on rencontre l’autre, il y a des pendules qu’il faut remettre à l’heure. C’est un schéma que l’on retrouve dans beaucoup de situations.

 

D’où vient l’envie d’explorer ces chutes?

GB : La chute burlesque offre un côté très spontané. Les spectacles dont j’ai participé à l’écriture commençaient souvent par des chutes. Affronter directement le ridicule est très sain.

 

On imagine ce jeu très jubilatoire pour vous?

GB : (Rires) Oui, c’est très chouette de pouvoir se permettre d’aller dans des tas d’endroits différents. Avoir écrit le spectacle crée aussi une certaine fraîcheur.

 

C’est au théâtre que vous voyez la suite de votre carrière?

GB : J’adore le rapport de proximité que le théâtre permet. Les gens peuvent se sentir actifs, sollicités dans leurs sensations. Je veux poursuivre dans un autre spectacle cette idée d’une chose non finie. Il y a une vraie tendance vers plus de performance et de fraîcheur.

Le Mad, 25 avril 2012 (J-M Wynants)

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Author: admin Posted On: avril 25th, 2012 In: Presse

Partant du thème de la chute, Gwen Berrou invite le public à une expérience aussi étonnante qu’amusante entre jeu de hasard et performance de comédienne sur le fil du rasoir. Drôle mais aussi émouvant et surprenant. Un objet théâtral hors du commun.

Le Soir – MAD, 18 avril 2012 (Catherine Makereel)

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Author: admin Posted On: avril 20th, 2012 In: Presse

Gwen Berrou amoureuse de l’art de la chute

La comédienne récompensée au cinéma d’un Magritte pour Les géants se met en danger avec Fall into the show.

Ceux qui l’ont vue au cinéma dans Les géants de Bouli Lanners n’ont pas pu effacer sa bouille de leur mémoire. Sa gueule, devrait-on dire, tant elle y affiche une mine terrifiante, aussi accueillante que les crocs des bouledogues qui montent la garde de sa triste caravane.

Gwen Berrou a d’ailleurs récolté le Magritte du meilleur second rôle pour cette sombre interprétation. C’est pourtant par un stage de clown, à l’âge de huit ans, que la jeune Bretonne a pris goût au jeu et au plaisir de faire rire les gens.

Depuis son passage au Conservatoire de Bruxelles, elle a élu domicile en Belgique où elle promène son visage atypique sur des projets très variés : Bal Trap et Yvonne princesse de Bourgogne avec la Compagnie Chéri-Chéri ou encore La trilogie de Belgrade avec la Compagnie Petite Ame.

Aujourd’hui, avec la reconnaissance que lui a apporté Les géants, elle multiplie les castings. On la verra notamment dans le film de Marion Hänsel, La tendresse.

 

Agrippée à la scène

Mais elle ne lâche pas la scène pour autant. Au contraire, elle l’agrippe par tous les bouts puisqu’on la retrouve à l’écriture, à la mise en scène et à l’interprétation de Fall into the show, spectacle entre théâtre et performance pour parler d’amour et de chute.

C’est l’histoire d’une femme qui, parce qu’elle a peur de tomber, décide justement d’éprouver la chute de toutes les manières possibles. « Il y a dans la chute une confrontation ridicule, un manque de sérieux que je trouve très sain. »

On imagine que la comédienne a collectionné les bleus dans la préparation de ce spectacle dans lequel elle s’impose une série de chutes, qu’elles tiennent de la cascade physique ou de la dégringolade plus métaphorique.

« Quand on tombe amoureux, on perd une certaine clarté, on s’oublie, on est dépossédé de soi-même. » La dépossession au contact d’autrui, la perte des illusions, le deuil, Fall into the show choisit de choir à foison. Tomber des nues, tomber en pâmoison, tomber enceinte : la cascade artistique est au menu de ce seul en scène sportif.

« Je ferai vaciller mon identité, je la ferai tomber de tous les côtés, je succomberai à tous les pièges, j’assumerai toutes les gamelles », annonce d’emblée la comédienne dans un décor lui-même propice à toutes sortes d’avalanches. D’ailleurs, pour se mettre illico en danger, elle convie les spectateurs, en prélude, à un jeu de hasard qui déterminera la teneur de la soirée.

 

L’art et la vie sans frontières

Elle joue de ce contact direct pour construire son récit avec les spectateurs. Une manière aussi de casser tout de suite la barrière entre le public et la scène. « J’aime abolir les frontières entre l’art et la vie. » Si le spectacle flirte avec le hasard, la spontanéité et le partage, il y aura tout de même quelques filets de sécurité textuels, comme des extraits de l’Eloge de l’Amour d’Alain Badiou, Belle de Seigneur d’Albert Cohen ou encore du Phèdre de Racine.

Ce qui compte pour Gwen Berrou, c’est de casser les codes, laisser la place au hasard : « Fall into the Show est assez souple pour accueillir les changements d’inspiration, d’humeurs, d’interprétation. » Pour l’amour du risque, elle met ici l’intimité en péril. Après tout, Shakespeare disait qu’une chute profonde mène souvent vers le plus grand bonheur.

 

Victoire, 14 avril 2012

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Author: admin Posted On: avril 15th, 2012 In: Presse

Nourrie par l’envie de porter un propos qui l’interpelle, Gwen Berrou est tombée dans le solo avec « Fall Into the Show ». Un seul en scène, fruit d’un travail collectif sur l’amour et le théâtre.

Le pitch ?

C’est histoire d’une femme qui, parce qu’elle a peur de tomber, décide de choir de toutes les manières possibles. Elle espère ainsi se défaire de l’écroulement des illusions sentimentales ou idéologiques. Le point de départ est une vraie chute, burlesque. Mais est-ce une vraie chute ou une manipulation du public ? Le dispositif scénique induit une proximité, une intimité avec le public. On est dans un rapport plus familier que celui établi de la « représentation ». Il y a une adresse directe importante, j’essaie de jouer avec les limites entre celui qui raconte l’histoire et celui qui la reçoit.

La phrase qui tue ?

Mais le théâtre, c’est comme l’amour, c’est communiste ! Ce spectacle parle d’amour et aussi de théâtre. Il questionne la générosité, notre capacité d’être proche, d’être souple et la forme théâtrale est aussi mise en question. C’est basé sur un jeu de hasard, l’ordre des scènes est tiré au sort par les spectateurs. On explore des univers très différents : nous (l’équipe de création) avons voulu nous faire plaisir en ne nous refusant rien : on rencontre donc une conférencière qui parle de théâtre contemporain, une femme du XVIIIe qui tombe dans le romantisme, une cascadeuse…

Ça s’adresse à qui ?

À tous, à ceux qui pourraient en avoir marre de la représentation trop bien ficelée d’un récit traditionnel…

Que diriez-vous pour convaincre le spectateur de venir ?

On est dans une époque où le rapport au désir est pauvre et manque d’imagination, on est dans le jetable, le remplaçable… On doit réagir par rapport à ça, ce n’est pas une fatalité ! On peut entretenir un désir infini qui nous porte, nous satisfait et continue de nous nourrir. C’est un spectacle qui éclate le carcan romantique, naïf et à l’eau de rose qui enserre l’amour et nous entraîne vers la désillusion. Une histoire d’amour, c’est une histoire de différences, pas de cases à cocher… N.C.

Rue du théatre, 12 février 2012 (Michel Voiturier)

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Author: admin Posted On: mars 8th, 2012 In: Presse

Plus drôle sera la chute.

Gwen Berrou qui vient d’obtenir un Magritte pour son rôle dans le film « Les Géants » est d’abord comédienne au théâtre. Sur le thème prétexte de la chute, elle a élaboré un spectacle insolite et quelque peu insolent qui nous interroge à propos de l’art de la scène.

Dans la lignée des réalisations inclassables d’une Isabelle Wéry, voici « Fall into the show », une sorte de pseudo-fourretout qui reste cohérent sous des apparences de dispersion. Car dans ce cas-ci, l’affirmation ‘tout ce qui semble faux est vrai’ vaut bien ‘tout ce qui semble vrai est réellement faux’.

Le ton est pressenti dès le préambule. Sous des apparences de spontanéité, une employée du lieu de représentation vient expliquer au public, installé en demi-cercle autour de petites tables, le jeu auquel il va participer de manière interactive et aléatoire. Elle poursuit en précisant que la comédienne (c’est-à-dire elle-même en fait) va précisément venir expliquer ce qui vient d’être dit.

Elle recommence donc en endossant ce nouveau rôle. Puis recommence en précisant qu’il vaut mieux, vu les circonstances, qu’elle parle à la première personne plutôt que de pour suivre en disant « elle » au lieu de « je ». D’où, à nouveau, les explicitations redonnées, pimentées de variations sur un comique de répétition.

Chaque tablée devra élire démocratiquement un délégué chargé de tirer sur une des floches* qui pendent au-dessus des spectateurs, ce qui provoquera la chute de quelques accessoires, lesquels serviront à nourrir une improvisation. Ce qui provoque quelque confusion, conciliabules, négociations parmi l’assistance avant des commentaires de l’actrice.

Cet usage de la démocratie terminé, elle se lance dans un discours sur le théâtre. Elle a choisi de le pratiquer dans le langage ampoulé, apanage de tous les spécialistes englués dans leur jargon professionnel de linguistes, de psycho-sociologues, de théoriciens de la structure ou de la psychanalyse. Très vite, évidemment, l’accumulation rend les propos caricatures de ce qu’ils prétendent signifier. Et deviennent fort drôles pour qui en perçoit le deuxième, voire le troisième degré.

Un engagement corporel et vocal permanent

Au fil des séquences, introduites par un jingle dansant et très dansé, façon émission télé enregistrée en public, plusieurs ‘élus’ déclenchent la tombée du haut des cintres d’une série d’éléments inducteurs d’un sketch. C’est l’occasion pour Berrou de parcourir avec virtuosité une palette théâtrale polychrome en prenant pour fil rouge des chutes en tous genres.

Tour à tour, elle incarne et parodie des genres dramatiques différents. Tragédie classique, comédie, avant-garde, lecture publique, mime, chorégraphie, performance y passent. Le travail sur la voix, sur le corps vient à la rescousse d’un engagement total dans ce seule-en-scène, accompagné seulement d’un machiniste préposé aux éboulis d’accessoires et à la manipulation à vue d’effets spéciaux comme la tombée d’une neige de plumes. La bande son sert par moment de partenaire en dédoublant les mots d’un monologue afin de le transformer en dialogue décalé.

Les amoureux du spectacle vivant, les amateurs de mise en abyme y trouvent assurément leur compte. Les autres, s’ils se laissent porter par le talent de la meneuse de soirée, auront le plaisir d’un humour à la fois pasticheur et incisif.

Michel VOITURIER, Bruxelles

ruedutheatre.eu