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Author: admin Posted On: avril 28th, 2012 In:Presse

Moins dure sera la chute

Récente lauréate d’un Magritte du cinéma pour son rôle dans Les Géants de Bouli Lanners, Gwen Berrou n’en oublie pas les planches et présente Fall into the show aux Riches-Claires. Une histoire de chutes qu’elle aécrite et dans laquelle le spectateur l’aide à tomber.

 

Une dame vient introduire la soirée, explique au public autour de quoi l’on se réunit. Un jeu de hasard qui bientôt démarre. Gwen Berrou se mue alors en « cette femme qui, parce qu’elle apeur de tomber, décide de trouver toutes les façons possibles de tomber pour exorciser un peu sa peur ».

 

D’où vient cette peur de la chute?

Gwen Berrou : C’est une crainte assez universelle mais il s’agit ici d’une femme. Et les femmes parlent plus facilement d’amour, s’oublient facilement dans une relation, y perdent un peu d’elles-mêmes, de leur identité. La perte de soi dans l’autre est quelque chose que j’ai pu expérimenter car j’ai une personnalité plutôt douce et adaptable. Mais si le théâtre est un lieu de sincérité et de non-pudeur, ce texte n’est pas autobiographique.

 

Comment définir votre spectacle si inclassable?

GB: C’est venu d’un désire de partir dans différents types d’univers sans avoir à me justifier. J’avais par exemple envie de faire une scène baroque en robe sur de la musique de Lully. Dérision et ridicule sont toujours au pas de la porte. Pour que ces différents univers se rencontrent, nous faisons intervenir le hasard et une scénographie permettant des accidents. Grâce à un dispositif de suspension d’accessoires et d’objets, le public intervient dans le jeu et tire le titre de la scène qui suit. L’idée est de se rapprocher des gens au début du spectacle. Je ne viens pas avec mon statut d’artiste proposer un produit fini. Les spectateurs ne sont pas des consommateurs.

 

Ces chutes parlent beaucoup d’amour.

GB : Le spectacle traite de l’identité amoureuse, de la perte, de notre nature, de la mise en danger du rapport àl’autre. Comment peut-on être intime avec soi-même? Peut-on être intime avec les autres sans avoir l’impression de se faire avoir? Nos illusions nous embarquent. En amour, on se raconte une hisoitre et quand on rencontre l’autre, il y a des pendules qu’il faut remettre à l’heure. C’est un schéma que l’on retrouve dans beaucoup de situations.

 

D’où vient l’envie d’explorer ces chutes?

GB : La chute burlesque offre un côté très spontané. Les spectacles dont j’ai participé à l’écriture commençaient souvent par des chutes. Affronter directement le ridicule est très sain.

 

On imagine ce jeu très jubilatoire pour vous?

GB : (Rires) Oui, c’est très chouette de pouvoir se permettre d’aller dans des tas d’endroits différents. Avoir écrit le spectacle crée aussi une certaine fraîcheur.

 

C’est au théâtre que vous voyez la suite de votre carrière?

GB : J’adore le rapport de proximité que le théâtre permet. Les gens peuvent se sentir actifs, sollicités dans leurs sensations. Je veux poursuivre dans un autre spectacle cette idée d’une chose non finie. Il y a une vraie tendance vers plus de performance et de fraîcheur.